DOMINIC MILLER

Dominic Miller

L’éclat du silence

Dominic Miller 2

Guitariste de Sting depuis 25 ans, Dominic Miller sort son nouvel album solo, « Silent Light », sur le fameux label ECM. Sa guitare (cordes nylon ou cordes acier) s’y révèle « à nu », juste accompagnée de percussions, pour le plus grand plaisir de nos oreilles.

« Quand quelqu’un comme Manfred Eicher veut vous voir, on arrive ! », avoue Dominic, à qui un projet en guitare solo apparaît finalement comme le meilleur moyen de raconter une histoire et d’ouvrir sa relation avec cette prestigieuse maison de disques, dont l’esthétique privilégie l’espace et le silence. Il fallait trouver ensuite un « dénominateur commun », qui puisse « fédérer ses idées ». C’est alors que lui est venu le concept de l’album : « Tout ce qui n’est pas dit (dans une conversation, dans la musique, dans l’art…) est peut-être plus important que ce qui est dit », rassemblé dans l’intitulé de la première pièce, What You Didn’t Say – une façon de souligner l’intensité qui peut naître du silence et de « l’absence de mots ». Ses compositions laissent donc respirer la phrase musicale, l’espace sonore s’avérant prépondérant dans la genèse de cette musique.

Dominic énonce un motif, amorce une réponse, poursuit la conversation… « J’aime bien avoir des arpèges avec une mélodie dedans » (comme pour Water, troisième plage de l’album). Ligne de basse, arpège, mélodie… en la matière, l’artiste est influencé aussi bien par des maîtres de l’instrument (comme John McLaughlin ou Baden Powell), que par la musique de piano (Chopin), la musique française (Debussy, Satie, Poulenc…) ou la chanson (Michel Legrand, Barbara…). Revendiquant sa part de « coloriste », il a d’ailleurs fréquemment recours aux open tunings. « Je joue seulement ce que je veux écouter. Je change le tuning, parce que je veux avoir des accords ouverts. » Dans ce contexte, le rôle de la percussion (jouée par Miles Bould) s’apparente à une sorte de « clic transparent ». « Je voulais seulement un support, une aide, pour me donner la liberté de danser ailleurs par rapport à la métrique. »

Coincée par la douane norvégienne, la guitare folk de Dominic ne parvient pas à temps au studio. Il utilise donc finalement celle qui se trouve là (une Yamaha ou une Ibanez), une guitare « un peu triste »… mais celle-là même avec laquelle Pat Metheny a enregistré dans les années 80 ! « Je me suis dit : ok ! Si c’est bon pour Pat, c’est bon pour moi ! ». Convaincu, comme beaucoup, que « c’est pas la guitare qui fait le son, mais le musicien », le guitariste insiste alors sur l’importance de l’écoute : « c’est mes oreilles qui vont trouver le son, pas mes mains ! ». Ainsi de sa guitare de prédilection, une petite Yairi cordes nylon, commandée spécialement au customshop. « Tout ce que je veux est là », précise-t-il.

« Le point de départ d’une composition, c’est comme un cercle, reprend-il. Te mettre dans un voyage, aller dans des endroits différents… mais le point important, c’est de rentrer et de fermer le cercle ! Si tu peux pas le fermer, c’est pas une vraie composition. Si tu changes la tonalité, est-ce que tu as une façon de rentrer chez toi ? de revenir ? J’aime bien faire le voyage, me créer des problèmes, et trouver une solution. C’est ça le travail ! C’est ce que j’aime. » La boucle est bouclée…

 

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