BEAUTY AND THE BEAST

 

Beauty and the Beast

Something New

Michel Ghuzel et Roxane Arnal, alias « Beauty and the Beast », forment un duo réjouissant, où les deux protagonistes jonglent avec un tas d’instruments (guitares bien sûr, mais également mandoline, ukulélé, contrebasse et… cordes vocales !), convoquant une série d’influences (blues, folk, country, swing…), au service d’un répertoire joliment troussé. « Something New », leur premier album, illustre avec bonheur cette rencontre, qui se déploie sur scène avec brio.

B&B 1©Hugues Faye


Blueswoman


C’est à l’occasion d’un stage qu’il anime en 2009 avec Chris Lancry, que Michel rencontre Roxane. « On voit une petite gamine de 13-14 ans arriver dans les cours… Et le soir, apéro-concert. Elle monte sur scène et commence à jouer un morceau… La voix, le son, on était tous assez impressionnés ! ». C’est un peu plus tard, à l’hiver de l’année suivante, que les choses vont se concrétiser. « On s’est dit : si les deux voix gazent bien sur les chansons, on va pouvoir monter un groupe !, reprend Michel. On a fait une chanson, on s’est regardés et on s’est dit : ok, c’est bon ! » (rires). Peu avant, c’est à l’Utopia (où officie un certain… Basile Leroux) que Roxane a découvert le blues. « Ça m’a vraiment transportée. Du coup je me suis dit : c’est ça que je veux faire ! » A 14 ans, elle passe ses week-ends sur sa guitare « à enregistrer un peu les solos de Basile, à écouter du Clapton, du Stevie Ray Vaughan, des trucs comme ça ».


« Tu te démerdes ! »


De son côté, Michel a fréquenté successivement la musique brésilienne, la country et le blues (Merle Travis, Doc Watson, Mississipi John Hurt…), en passant par la chanson française (Brassens, Le Forestier…) et « la bande des folkeux de l’époque » (Graeme Allwright…). « Cette musique-là m’a beaucoup inspiré, m’inspire encore maintenant d’ailleurs », reconnaît-il. Cette culture commune, à base de blues notamment, va nourrir les débuts du duo. « On a commencé par des trucs un peu vieillots, des blues… », insiste Michel. « Du Clapton, des Mills Brothers, des trucs comme ça, très années 30… », ajoute Roxane. La contrebasse d’une copine, qui traînait par-là, trouve bientôt sa destination. « Michel m’a filé la contrebasse, explique Roxane, et m’a dit : dans deux semaines on a un concert, donc… » – « Tu te démerdes ! », précise l’intéressé (rires). Roxane apprend ses lignes par cœur au début, pour pouvoir chanter. C’est ainsi que s’accumulent les expériences, et que le duo diversifie l’instrumentation, selon les titres : guitares acoustiques, électriques, mandoline, ukulélé…

©Hugues Faye
©Hugues Faye

En mangeant un casse-dalle…


Evidemment, l’idée d’un répertoire original s’impose assez vite. C’est sur le bord d’une autoroute, en allant à un concert, que la première chanson prend forme. « En mangeant un casse-dalle, on a eu une idée de suite d’accords, au ukulélé… », raconte Michel. Une fois trouvé le couplet, Roxane s’occupe du refrain… « C’est arrivé comme ça… Poum, d’un seul coup !, poursuit Michel. Il n’y a pas vraiment de règles… Il y a des chansons qu’on a écrites en s’envoyant des textos par exemple (cf. sur l’album, Chanson lunatique). Une phrase sur un texto… ». « Lui la deuxième, moi la troisième… », reprend Roxane. Le répertoire se construit petit à petit… Pour ce premier album, le duo maquette ses arrangements à la maison, tout en s’adjoignant les services de David Lewis (trompettiste de Paris Combo) pour la production en studio. « Du coup, comme on était en confiance, on a fait pas mal de prises live », avoue Roxane. Au final, ce travail en commun « booste les morceaux ».


Une Takamine à 100 balles


Avant d’interpréter From the Cradle to the Grave (« du berceau jusqu’à la tombe ! »), une chanson « très folk » issue de leur répertoire, Michel présente son étonnante Takamine : « Une des premières séries je pense, que j’ai trouvée dans un vide-grenier, et que j’ai achetée 100 francs, à l’époque ! C’est dingue… Elle était toute pourrie, toute noire, cassée ici… ». Il répare la chose « à grands coups de cyanolite, comme un sauvage ! ». « C’est une guitare assez exceptionnelle… A 15 euros, ça vaut le coup ! Elle a le niveau d’une bonne Martin à 3000 balles. » Quant à Roxane, elle est venue avec une Aria « achetée sur le Bon Coin », également « bricolée » par son partenaire ! Après avoir acheté « une bonne lame de rabot », Michel s’emploie à remplacer un barrage inadéquat. « J’ai été à l’aveugle à l’intérieur, j’ai tout arraché !, explique-t-il. J’ai poncé comme ça, « à la mano », mis des leds au fond, pour éclairer par transparence, et puis j’ai reposé un nouveau barrage ! ». « Voilà toute l’histoire ! », conclut Roxane. « Maintenant, elle sonne bien ! », ajoute Michel.


En concert le 23 novembre à l’Entrepôt (Paris).


B&B cover album

 

Site : www.beautyandthebeast.net

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