FELIX GALLIOU LUTHIER

 

Félix Galliou

Passion Flamenca

Dans le monde de la lutherie flamenca, les guitares de Félix Galliou ont déjà acquis une solide réputation. Adoptés par de brillants représentants de la scène parisienne : Manuel Delgado, Mathias Berchadsky « El Mati », Dani Barba Moreno ou Samuelito, avec lequel le luthier entretient un lien privilégié, les modèles « Blanca » ou « Negra » concoctés par Félix s’imposent aujourd’hui comme de remarquables instruments.

Cyprès et palissandre

C’est lors d’un voyage en Espagne que Félix rencontre un luthier qui va lui mettre « le pied à l’étrier ». Suivront une série de rencontres, « aussi bien en Espagne qu’à Paris », qui le pousseront à persévérer dans cette voie. Pour le profane, qu’est-ce qui distingue une guitare classique d’une guitare « flamenca » ? « Extérieurement… c’est la même chose ! », reconnaît le luthier. La distinction tient donc à « de petits détails », mais qui font « une grosse différence » au final : barrage (travail de la table) et renversement (cordes plus près du manche), notamment, le tout visant une recherche de timbre spécifique. Si le côté « explosif » du cyprès (utilisé pour les modèles « Blanca ») convient particulièrement au flamenco, celui-ci n’a pourtant pas toujours été l’apanage de la lutherie flamenca. « Au XIXe siècle, la séparation n’était pas encore très claire », précise Félix. Torres lui-même fabriqua beaucoup de guitares en cyprès, même classiques, bien qu’on soit « plus sur un type de guitare percussive ». L’emploi du palissandre (pour les modèles « Negra ») dégagera quant à lui « plus de générosité dans les basses et peut-être un peu plus de longueur de son ». « Construire une guitare en palissandre et garder les caractéristiques d’une guitare flamenca, c’est un défi ! », avoue Félix. Signature esthétique de son travail, le dessin asymétrique de la tête, issu de motifs traditionnels de la lutherie espagnole, que Félix a mis au point à l’occasion d’une commande de guitare à 7 cordes.

Samuelito©Thierry Houyel
Samuelito©Thierry Houyel

Comme un déclic

Samuelito, qui vient de sortir un premier album sous son nom (« Solo », chez Label Ouest), et qu’on retrouvera bientôt dans un contexte « flamenco puro » aux côtés du chanteur Andrés de Jerez (« Arañando el alma », album à paraître), a « flashé » sur cette lutherie il y a 4-5 ans. « Je crois que c’est Dani, un guitariste, qui m’a appelé… On se rejoint et on essaie les guitares chez Manuel Delgado. Et là je « flashe »… comme un déclic ! ». Comme souvent dans la relation qui unit le musicien au luthier, la rencontre se situe « au niveau de l’instrument, mais aussi au niveau humain ». « On passe beaucoup de temps ensemble : je vais à l’atelier, on essaie des guitares, je lui fais des retours… On avance… », explique Samuelito. « C’est vrai que Samuel m’a poussé dans mes retranchements, reprend Félix. C’est très stimulant pour un luthier. » Pour le luthier, le challenge consiste à « traduire en bois ce que le musicien dit avec ses mots… ». Exemple de défi que le guitariste a pu lancer au luthier, ce fantasme de guitare « hybride », entre classique et flamenca, répondant aux préoccupations d’une période. « Il a fait cette guitare, et elle était vraiment comme je me l’étais imaginée !, insiste Samuelito. Il avait réussi à extraire vraiment tout ce que j’avais dans l’esprit, dans l’oreille, et l’avait matérialisé. C’est ça que j’ai trouvé formidable !… Sauf que du coup, je me suis aperçu que ce n’était pas ce qu’il me fallait ! (Rires)… On est sans arrêt en train de se proposer des choses nouvelles. »

Site luthier : www.guitaresgalliou.com
Facebook.com/Félix-Galliou-Instruments
Site artiste : www.samuelitomusic.com

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