CELINE RUDOLPH & LIONEL LOUEKE

 

Céline Rudolph & Lionel Louéké

Obsession

D’occasions de rencontres en affinités électives, Céline Rudolph et Lionel Louéké ont trouvé un terrain d’entente « naturel », qui passe aussi bien par la guitare que par la voix. Rien d’étonnant lorsque qu’on connaît le parcours du guitariste béninois, dont le talent enjambe depuis longtemps continents et océans. « Obession » (récemment paru sur le label Obsessions !) se fait l’écho de ce partage.

Céline Rudoph & Lionel Louéké © Joachim Gern
Céline Rudoph & Lionel Louéké © Joachim Gern

Metamorflores


« Céline m’avait donné un de ses disques, raconte Lionel. Super disque, avec un chanteur (« Metamorflores », ndr). Je m’y retrouvais quoi ! Cet univers : musique brésilienne, influences africaines, harmonies, le rythme derrière, et sa manière de chanter… Ça m’a tout de suite intéressé. » « Moi aussi, j’étais très touchée par sa manière de jouer, de chanter aussi, reprend Céline. Sur le plan rythmique, et celui du son, que je sens très « familial »… C’est comme si on partageait un monde ensemble. Et d’ailleurs, on partage aussi cette guitare sur scène ! » (rires).


Du Japon à l’Afrique


« C’est ma maman qui me l’a offerte », précise Céline. C’est sur cet instrument (une flamenca datant des années 70-80, construite par le luthier japonais Matsuoka), que la chanteuse cherche souvent l’inspiration. Et c’est celle-ci, jouée par Lionel (et parfois par Céline !), qu’on entend, aussi bien sur l’album qu’en live. « J’adore cette guitare ! », avoue notre six-cordiste, qui joue dorénavant aux doigts (après avoir tâté du médiator à ses débuts). « En fait, j’entendais des sons que je n’arrivais pas à reproduire avec le médiator. C’était possible, mais ça ne sonnait pas vraiment comme je voulais, donc j’ai commencé à jouer avec mes ongles… Et un jour, je jouais les harmoniques, et j’ai commencé à faire un truc comme ça… Et là, ça m’a rappelé l’Afrique ! (…) J’ai commencé à prendre des cours de guitare classique, carrément ! C’est comme si tu réapprenais l’instrument… » Aujourd’hui, Lionel parvient à « manager » aux doigts tout ce qu’il faisait auparavant au médiator. « Je suis arrivé à faire tout ce que je faisais au médio, donc ça ne me manque pas », conclut-il.


Obsession


L’album « Obsession » permet en fait d’entendre un dialogue entre « quatre » voix : la guitare de Lionel, celle de Céline (parfois), et leurs cordes vocales respectives (incluant des effets de bouche, de langue, de rythmes…). « Il y a un rythme, une langue qui nous est propre…, reprend Lionel, dans la manière de chanter des phrases sans les mots, juste des onomatopées. C’est ma langue, c’est notre langue ! ». « J’emprunte à toutes ces langues (musique africaine, brésilienne, jazz), explique Céline, les syllabes, les sons, pour en faire une improvisation. Ce sont les langues, mais aussi les sons de percussion, c’est un mix… » On retrouve donc sur l’album des chansons en français, en anglais, en brésilien, mais aussi dans cette langue « inventée » par les deux protagonistes, en perpétuelle évolution. « Ça change toujours, c’est pas pareil tous les soirs », précise Céline. « On change les mots ! », répond Lionel (rires). Avec Vent du Nord, le duo esquisse un pas de deux qui nous montre comment s’élabore le matériel. « On veut que le public danse, qu’il sente le rythme », résume Lionel.


Epicer la sauce


Le style d’accompagnement unique du guitariste constitue aujourd’hui une partie de sa « signature ». « Quelque part, je suis un percussionniste frustré !, lance-t-il. Je joue pas mal de percussions, que ce soit sur la guitare ou avec ma bouche… pour avoir cette balance entre le rythme, la mélodie, et rendre facile ce qui est complexe ! (rires) ». Lionel ne renonce pas pour autant aux couleurs ni aux effets habituellement propres aux six-cordistes, ni à la technologie qui va avec… Pour ce faire, il utilise en général le Kemper, un rack digital dans lequel se trouvent modélisés tous les amplis et les effets dont il a besoin. Mais pour l’occasion, il (Lionel) a juste apporté quelques pédales, afin « d’agrémenter un peu le son ». « La compagnie Mooer m’a envoyé de petites pédales que j’aime bien », avoue-t-il. Au menu : delay (Echolizer), reverb (SkyVerb), effet de volume (Slow Engine, « comme si le son de guitare était bourré ! », précise l’intéressé), égaliseur 5 bandes (Graphic G) et octaver polyphonique (Pure Octave). De quoi « épicer la sauce », comme l’indique Lionel !

 

Album Obsession

 


En concert le 25 mai au Club Nubia (La Seine Musicale/Boulogne-Billancourt) – Site : https://clubnubia.com


Sites artistes :
www.celinerudolph.com
www.lionelloueke.com

 

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