JUSTIN ST-PIERRE

 

Justin St-Pierre

Musicien voyageur

Justin ouverture 

Originaire du Québec, Justin St-Pierre appartient à cette jeune génération de représentants du fingerstyle qui développent un nouveau langage sur l’instrument, intégrant l’utilisation des percussions – dans son cas avec toujours beaucoup de bon goût, de musicalité, et une indéniable poésie ! De passage à Paris il y a quelques mois pour la promotion de son dernier album, « L’Insulaire », Justin s’est tellement plu chez nous qu’il a pour le moment décidé d’y poser ses bagages. Une excellente nouvelle pour tous les amateurs de bonne guitare !

Pour Justin, tout commence il y a environ 26 ans (il est alors âgé de 11 ans), lorsqu’un beau soir, il décide de prendre en main la guitare « qui se trouvait là depuis les années 60, dans un coin de la maison, toujours au même endroit ». Sa passion pour l’instrument n’est jamais retombée depuis. Après avoir traversé une période « très metal » à l’adolescence (marquée entre autres par « le grunge de Seattle »), il se consacre définitivement à l’acoustique au début des années 2000.

C’est avant tout par un mouvement « interne » et un processus d’évolution propre que Justin va faire son chemin, qui le conduit à s’exprimer à la guitare solo. Bien qu’il n’ignore pas les travaux de ses confrères, comme ceux du montréalais Don Ross ou de son ami Erik Mongrain, Justin ne se définit pas comme un « écouteur de fingerstyle ». Si l’on doit repérer ses influences, c’est plutôt du côté de la musique « au sens large » qu’il faudra chercher. Son langage instrumental s’est construit notamment par l’exploitation des « tunings » (les différentes façons non conventionnelles d’accorder la guitare), un travail qu’il amorce en 2004, avec la découverte d’un premier tuning « à l’oreille » (il en utilise aujourd’hui entre 8 et 12 par spectacle !). « Du jour au lendemain, pendant un an de temps, je n’ai joué que de cette façon-là… Il faut chercher, tout reconfigurer dans ton cerveau. T’as pas vraiment le choix ! Et petit à petit, on s’habitue, on change une corde, deux, trois, quatre, et on se retrouve dix ans plus tard à jouer dans des fréquences en plus ! » (Rires)

Fonctionnant avant tout à l’intuition et « au feeling », Justin concrétisera ses recherches avec un premier album, « Rafiot », paru en 2008, nourri culturellement par l’expérience qu’il développe alors dans le bar qu’il anime. Suivra « La Faille », en 2011, évoquant la région minière de Val d’Or, dont il est originaire (« 320 km de mines et de travailleurs ! »), une façon « d’immortaliser » ce territoire avant de partir pour Montréal. De l’exploration singulière de cette ville (construite sur une île), naîtra « L’Insulaire », son nouvel album. Justin passe en effet cinq ans à « écouter les bruits de Montréal », en se coupant volontairement de toute autre musique (« Je n’en écoutais pas à la maison »), une discipline plutôt… exigeante ! « Ça peut rendre fou ! Soyez prudent si vous faites cet exercice ! », recommande-t-il. Mais l’élaboration de l’album va connaître une nouvelle inflexion lorsque le guitariste se rend en Nouvelle-Calédonie (encore une île !), à l’invitation de son frère. « J’y ai passé trois mois, ça a été très inspirant… C’est là que j’ai terminé d’écrire cet album. » Une façon aussi, pour ce « gars de région », de renouer avec la nature et les éléments : « La nature me manque beaucoup… La grande ville pour l’instant, ça suffit ! ».

Sur la recommandation de son ami Erik Mongrain, Justin s’est fait construire une guitare par le luthier Sheldon Schwartz. « On a beaucoup discuté, je suis allé choisir le bois (un très beau palissandre indien pour le dos et un sitka spruce de la région de Washington pour la table d’harmonie, de 1994, ndr)… Ça n’arrive pas tous les jours d’avoir quelqu’un d’aussi attentionné que ça. J’ai beaucoup de chance d’avoir cet instrument-là entre les mains ! ». Surnommée « The Arrow » (« La Flèche »), équipée d’un micro magnétique de rosace Sunrise et d’un système multi-sources K& K (pastille et micro), cette guitare répond aux moindres sollicitations du guitariste. « Une guitare pour moi, c’est des essences d’arbres qui sont immortalisées en fait, donc qui ont encore un langage en soi, et qu’on transmet par cette union, de l’homme à la nature. » Belle formule, qui n’exclut pas le recours à la technologie si nécessaire. Ainsi de ce tout nouvel appareil fixé au dos de la belle à l’aide d’un aimant (placé à l’intérieur de celle-ci), le ToneWoodAmp, qui dispense un peu plus de volume et des effets « étranges » (dont une reverb), soit une « texture agréable et pratique », que Justin a hâte d’essayer en salle.

Après avoir eu l’occasion de se produire dans quelques capitales européennes (France, Allemagne, Pays-Bas, Tchéquie…) et être retourné jouer dans sa région natale dernièrement, Justin devrait de nouveau sévir sur notre territoire très prochainement, notamment en compagnie de Michel Gentils, ou de son compatriote Antoine Dufour (en novembre 2017). En route vers de nouveau projets ? « On est toujours à l’écoute, on ne ferme pas l’oreille, bien sûr ! », conclut l’intéressé.

Site : www.justinst-pierre.com

 

L'insulaire

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