ANGEL VIVALDI

 

Angel Vivaldi

La molécule du sommeil

Star montante de la six cordes depuis déjà quelques années via sa chaîne youtube, récemment endorsé par Charvel, Angel Vivaldi était associé cet automne à Andy James pour la tournée « The Wawe of Synergy ». Alors que paraît « Synapse », son cinquième album studio, l’artiste s’est prêté au jeu de l’interview à l’occasion de son concert parisien au Backstage by the Mill.

Angel Vivaldi Charvel

Comment en es-tu arrivé à collaborer avec Andy James sur cette tournée ?
On se connaît depuis plusieurs années sur Youtube et autres, j’avais planifié un concert en Europe à l’Euroblast (Allemagne), mais je n’allais pas venir juste pour une date, donc autant en faire une tournée ! Je cherchais donc quelqu’un avec qui tourner, et j’avais toujours voulu essayer avec Andy, qui n’avait jamais tourné en tant qu’artiste solo. On a donc commencé à planifier les choses et en faire la promotion, et c’est là que l’intitulé « The Wave Of Synergy » est sorti. On a tourné un clip, c’était super, et tout le monde a aimé, donc c’était vraiment cool !

A propos de ton jeu : tu as des rythmes très heavy, avec beaucoup d’influences djent/metalcore, mais les leads sont beaucoup plus aériens. Quelles ont été tes influences et comment ont-elles évolué à travers le temps ?
Personnellement j’ai toujours été concentré sur un jeu de guitare mélodique, des mélodies qui te restent dans la tête, que les gens peuvent fredonner. Mais j’ai toujours été influencé par des musiques beaucoup plus heavy, et le tout s’est rencontré. D’ailleurs, ça fait un moment que je n’ai pas écouté de heavy, au moins les quatre dernières années. J’écoute encore pour voir ce qu’il se passe, mais j’écoute beaucoup plus de musique calme et tranquille maintenant. Maintenant que j’ai mon son, je sais ce que je veux dire avec la guitare. Donc oui, c’est toujours la mélodie en premier. Des millions de guitaristes font le plus de notes possible, ce n’est pas nécessairement ce que je veux faire. Je veux créer quelque chose qui inspire les gens, qui résonne en eux, de façon à ce qu’ils comprennent ce que j’essaye de dire sans les mots !

Et qu’est-ce que tu essayes de dire ?
Beaucoup de choses ! Je pense que quand tu joues de la musique instrumentale, ça peut être compliqué. Dans le blues, c’est très simple, alors que quand tu joues de l’instrumental, c’est un peu plus complexe. Car les problèmes d’aujourd’hui sont plus complexes, ainsi que la façon dont on perçoit le monde. Donc au lieu de dire « Je suis triste », ça dit « Je suis triste à cause de ça, ceci, cela, etc. ». Ou « Je suis content grâce à ça, ceci, cela… ». Mais c’est mon histoire, et quand quelqu’un l’écoute, c’est une autre interprétation. Donc une pièce composée pour ‘un ami mourant pourra évoquer pour quelqu’un d’autre la fin d’une relation amoureuse… Et c’est là la beauté de la musique instrumentale !

On sent des influences de John Petrucci (Dream Theater) et d’Intervals dans ton jeu mélodique. Ont-ils été une source d’inspiration pour toi ?
Pour moi, ça a été surtout Eric Johnson, Malmsteen aussi. Mais après, celui qui m’a vraiment inspiré, c’est Mattias Eklundh, de Freak Kitchen. Ce gars est incroyable, tellement unique ! C’est à peu près le seul qui m’ait vraiment influencé dernièrement. Mais encore une fois, je définis au fur et à mesure ce qu’est mon style, donc pour le moment, j’en reste à ça !

En termes d’écriture, par quoi commences-tu et comment procèdes-tu ?
Chaque album est différent pour moi, j’adore faire des albums « concepts ». Donc généralement, ça commence avec le riff, et tout se brode autour. Des fois, ça commence avec la mélodie et tout s’élabore autour d’elle, alors que d’autres pièces, comme Venus In Spring, ont commencé avec la partie rythmique. Donc c’est un peu des deux. Mais pour le dernier album, j’ai voulu élaborer un projet spécifique : l’album s’appelle « Synapse » et chaque titre renvoie à une molécule cérébrale différente (Dopamine, Sérotonine, Endorphine…). J’ai donc repeint mon studio neuf fois pour chaque chanson, que chacune ait sa couleur ! Pour Adrenaline, j’ai peint le studio en rouge, pour Sérotonine en vert, Oxytocine en jaune ! C’était très inspirant, car à chaque fois que je repeignais avec une couleur différente, ça changeait un peu ma vision des choses, ainsi que ce que je voulais dire, en plus de me garder concentré ! Car comme beaucoup de guitaristes, je peux me retrouver « à coté » et distrait ! Mais si tu as un énorme mur rouge devant toi qui te dit : « Hey, c’est ton intention ici, concentre-toi là-dessus ». Donc je ne pense pas que j’aurais écrit les chansons de cette manière si je n’avais pas repeint à chaque fois. C’est beaucoup de boulot, mais ça valait le coup !

Il y a beaucoup de différences dans tes leads entre aujourd’hui et il y a cinq ans (cf. notamment A Martian Winter, par exemple). Tu avais l’air très en retrait quant aux leads, alors qu’aujourd’hui, c’est explosif, ça part dans tous les sens. Comment en es-tu arrivé à aller à l’avant de la scène avec tes mélodies ?
C’est une question de confiance en soi. On s’en fiche de savoir à quel point tu es populaire, il y a toujours un doute en soi-même. Tu es toujours à te demander si ce que tu fais est bien. J’ai juste arrêté de m’en soucier autant, car j’ai trouvé la satisfaction dans ce que je fais pour moi-même. J’ai réalisé que je fais ça parce que je veux le faire, et non pas parce que je le fais pour quelqu’un d’autre. C’est pourquoi je m’en fous au final, je fais ce que je veux faire, de la façon dont je veux le faire, et je n’ai pas d’étiquettes. Si ça parle aux gens, c’est cool. Si ça ne leur parle pas, c’est pas grave ! Il y a beaucoup de musique dehors qui peut leur parler. Quand j’écris, c’est la musique qui vient en premier, mais ça m’oblige quand même à me surpasser. Il y a toujours une pièce sur chaque album qui est un petit peu « au-dessus » de mes capacités. Pour cet album, ça a été Adrenaline. Cette chanson est « ridicule », dans le sens où ça ne s’arrête jamais, mais c’est tout le principe de l’adrénaline ! C’est ce dont parle la chanson, de te surpasser. C’est un défi, d’une certaine manière. Adenosine, ma préférée, c’est une comptine. C’est très ouvert, très aérien, mais c’est la façon dont la mélodie est phrasée qui a été un défi ! Comment puis-je expliquer la molécule du sommeil ? Comment vais-je le faire ressentir par la guitare ? Donc obligatoirement, j’ai pris un pas de recul. Je pense que le plus gros défi est d’écrire quelque chose qui soit parfait, c’est pour ça que ça me prend des années ! J’attends, jusqu’à ce que ce soit complètement prêt.

Site : www.angelvivaldiofficial.com

 

Vivaldi Synapse

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